mercredi 25 décembre 2013

Pour Noël, réflexions, très personnelles, autour de la morale...


Nous voilà à nouveau à la fin d'une année... Dehors, il fait froid, on se replie à la maison, on se replie un peu sur soi-même pour laisser exploser de belles réflexions. Aujourd'hui voici le fruit de mes réflexions sur la morale, nées d'une de mes lectures. Attention amis, je risque de te raconter ma vie (il est encore temps de zapper) : c'est un peu une page d'un journal intime... ouai, ok, pas si intime que ça... 
Pour être toute à fait honnête, ce billet est destiné à quelqu'un de proche et qui ne me comprend pas. Bref, je vais en profiter pour expliquer/justifier mes choix de vie. Car non, je ne fais pas les choses en fermant les yeux, parce que "c'est la mode"... mon chemin est le fruit de beaucoup de réflexions. Comment? Pourquoi en être arrivé là? Je dois avouer que tout n'est pas le fruit de ma volonté. Sans doute le destin? 



Comme tout bon livre à suspense qui se respecte, commençons par la fin de l'histoire :
Alors, vous savez qu'après la pédagogie Montessori, que nous appliquons chaque jour à la maison (et qui donne de superbes résultats, et tellement, tellement de joies dans ma vie de maman) j'ai également tourné la tête vers la pédagogie Steiner-Waldorf, afin de faire entrer plus de créativité dans nos vies.
Il s'agit d'une pédagogie que je connaissais peu... et donc, pour me familiariser, je me suis plonger dans les bouquins (ouai, ouai toutes les excuses sont bonnes.) Et voici que je tombe sur la sagesse cachée des contes de Grimm.  
J'ouvre ce livre et surprise! Contenu hyper anthroposophe. Bon... je me dis que je vais tout de même le lire et prendre ce que je veux... en laissant de côté le reste (comprendre le "spirituel"). Bref. je conte (ahaha) en prendre l'essence !
conte + morale = vous voyez où je veux en venir?  

Eh bien, pas du tout!
Justement l'auteur affirme qu'il y a beaucoup plus qu'une morale dans chaque conte (genre toujours écouter sa maman, lol, la phrase qui m'a toujours barbée) et là, cela devient très spirituel -_- mais j'adore! J'adore car il flirte avec des notions que l'on peut rencontrer dans les œuvres de Krihnamurti / Jung / ou de Maud Séjournant / Ruiz. Ouai, parce que tout de même je suis un peu une fille spirituelle et que j'aime passionnément ces auteurs. 1ère claque! Je ne lâche plus ce livre. Il y a tellement plus à comprendre dans chaque contes de notre enfance (certains m'échappe un peu tout de même) et je lis et lis les contes et leur signification.

Et paf! Grosse claque number two (ouai je gère l'anglais)! Je tombe sur le conte de "l'esprit dans la bouteille."
Voici le résume rapide du conte : un bûcheron donne toutes ses économies aux études de son fils . Il est tout à fait brillant mais l'argent vient à manquer et il doit retourner au pauvre logis. Surprise, il le fait avec le sourire car il est sûr de sa bonne étoile... En attendant il veut aider son père. Celui - ci se moque de lui car il n'est pas manuel/costaud (dur pour faire le boulot de bûcheron, en effet) malgré tout, ils vont travailler et à la pause déjeuner le père se repose et le fils part en ballade, la tête levée espérant trouver des nids d'oiseaux... Petit rêveur!! Au pied d'un chêne il trouve une bouteille enfuie. Un premier génie en sort, plutôt pas très sympathique puisqu'il envisage de tuer le fils. Celui-ci s'en sort grâce à son intelligence et permet à un 2e génie d'exaucer ses voeux...
Au delà de la signification littérale du conte dans lequel je me sens proche (les études, l'opposition injuste des intelligences manuelles et intellectuelles) l'auteur nous livre une interprétation plus profonde. Chaque conte a comme sujet l'individu (toi et moi, oui oui). Tout s'y rapporte! Les personnages en sont les facettes  le père représente notre passé : ce qui fait que l'individu est celui qu'il est aujourd'hui (les joies, les épreuves). Le fils est notre futur. Et ce fils/notre futur est clairement orienté vers la sphère de la pensée (il est étudiant, tête en l'air.)

Soudain cette pensée rencontre le sol qu'il faut creuser : c'est l'image de la volonté. 

Quand savoir et volonté se conjuguent tout devient alors possible : c'est ce que symbolise l'image du génie. Mais attention car l'énergie ainsi libérée peut être destructrice ou constructrice. Cela dépend de la morale à prendre ici dans le sens de l'éthique. Soit le savoir est utilisé pour l'ensemble de l'humanité soit il est utilisé pour soi, de façon purement égoïste...

Et cela se rapporte à mon histoire personnelle... Il m'est arrivée de me confronter au 1er génie (durant ma thèse)  là-bas, le savoir était utilisé à des fins personnelles. Ce n'est pas la faute des individus (j'espère) je l’attribue plus au fait des évaluations des chercheurs (où chacun surveille l'autre et garde pour lui des trouvailles afin de publier/gagner des points/ avoir de l'avancement personnel / ... ).  Attention, pas de généralités ici, car j'ai eu l'occasion de travailler dans d'autres labos où ce n'était absolument PAS le cas. Bref, effacée, là-bas, ma belle notion naïve de tous ensemble faisons avancer l'humanité.

Inutile de vous dire que je détestais aller y travailler. Et me voici, ombre de moi-même, totalement déprimée par la situation (ouai, faire toutes ces études pour... ça! Et je serrai les dents, parce que, au final, mon job était plutôt pas mal (j'avais fait l'expérience de petits boulots de vacances : serveuse, agent de production, caissière)... je n'avais pas à me plaindre, non?

Le chemin s'est ouvert tout seul... 
Mon 2e enfant est arrivé, telle une surprise de la vie (comprendre on a pas fait exprès lol.) Et là, ce fut un tremblement de terre parce que je ne sais pas si vous êtes capable d'imaginer ce que c'est d'être enceinte en pleine thèse (surtout quand l'entente est moyenne avec les encadrants.) A mon retour de congé maternelle : pression, mise au placard, vol de données et de publi : ça fait mal! 
Que faire? Dois-je renoncer à mes convictions et continuer à travailler auprès de gens à basse éthique dans une espèce de mauvais comédie? Ou bien, vivre de façon plus juste et arrêter ma thèse (c'est à dire, vivre un cruel échec, avec un seul salaire pour 4 et de très très faible chance de trouver un emploi)? Qu'est-ce qui compte le plus pour moi?

... toi, tu aurais fait quoi? 

Je me dis désormais, que le destin était en marche depuis cet enfant et qu'il n'avait pas encore finit de me guider... Dans les pressions que j'ai subi, je citerai ici la dernière : on m'a convoqué chez le directeur de l'école doctoral (un peu le grand méchant loup, craint par tous les thésards) sur le motif que je voulais démissionner (jolie dénonciation, lol, alors que je m'accrochais tant bien que mal à ma thèse et affrontais de jolies crasse : mouai, certains individus ne reculent devant rien.) 
Alors que j'étais dans ce bureau, au max de mon trac (allé, osons carrément le dire : MEGA stress genre mains moites, tremblements et tout) le grand méchant loup (on continue sur les symboles si vous me permettez) m'apprend encore beaucoup de nouvelles injustes. Et là, BOOM, j'ai vécu une expérience spirituelle (genre, si je vous raconte vous ne me croirez pas)!! Mais la chose la plus importante, ce qui m'a frappé à ce moment, c'est que ce choix m'apparaissait clairement et cette expérience m'a permis de bien le comprendre ce qui était en jeu dans l'histoire : mon moi profond (c'est un peu comme si le destin me trouvait un peu lente à comprendre et m'a secoué un bon coup) un virage à 90°, un truc hyper radical!

Et là, j'ai décidé de sourire!
Si si :)
J'ai décidé de sourire au grand méchant loup qui avait retrouvé sa figure humaine (j'ai même eu un peu de peine pour eux... enfermés dans cette comédie. Pour moi, en un instant, plus de stress, plus de mots pour tenter de concilier tout ce petit monde). J'ai juste souris.
J'ai décidé de faire confiance à la vie, puisqu'elle avait décidée de s'imposer à moi.
J'ai décidé de suivre la voie de la morale, de l'éthique, de la chose juste.

Et puis, oui, cela fait 3 ans que je suis toujours cette voie... Au début laissez-moi vous dire que c'était pas facile!!! Mais, je suis un peu obstinée et j'ai décidé d'apprendre un savoir plus éthique : celui du respect de l'enfant et de ses apprentissages. Et PAF, nous y voilà, je me forme à un nouveau savoir, celui de la pédagogie Montessori (et, promis, je ne vais pas me lancer dans l'histoire de comment la vie m'a mise X fois devant la pédagogie Montessori avant que je comprenne (le destin a décidément bien des raisons de me trouver un peu len-lente.) 
Bref, cela m'a frappé : la lecture de ce livre m'a permis de voir tous ces événements de façon différente. Finalement, tout s'est imbriqué d'une façon quasi parfaite, quasi magique.

Voilà la morale de mon histoire.
A ceux (à celui très précisément à qui est destiné ce billet) qui disent que j'ai fait tout ça pour ça (toutes ces années d'études, toute cette confiance, tout cet argent), j'ai envie de répondre que si j'avais su la récompense qui m'attendait à ce moment précis, j'aurai encore fait plus. Ne suis-je pas récompensée tous les jours par la plus grande des richesses...?

Je terminerai ici, par la conclusion de l'auteur, au sujet de ce conte de Grimm : le savoir est l'avenir de l'humain, c'est ce qui, uni à la volonté, nous sauvera de notre condition.


JOYEUSES FETES


lundi 23 décembre 2013

1ers mots

Et voici ma joie de maman homeschooleuse à son paroxysme...

Oui, depuis quelques jours nous avons finit d'explorer toutes les lettres rugueuses.  Hourra! Car j'avoue avoir attendu ce moment depuis mes débuts en pédagogie Montessori : l'écriture des premiers mots!

Voilà l'idée!

Heureusement que l'alphabet mobile était fini à temps :) Nous avons donc commencer par vérifier que les boîtes contenaient bien les lettres rugueuses vues (étape de transition nécessaire pour bien comprendre que les 2 matériaux sont liés). Ensuite j'ai laissé à ma sauterelle le choix des mots qu'elle souhaitait écrire (c'est l'écriture spontanée, étape très importante qui doit venir de l'intention de l'enfant, de ses choix et attention : l'écriture est phonologique et peut donc tout à fait être orthographiquement erronée, ce n'est pas là l'important, et on ne relèvera pas.)

Le premier son ne pose pas de problème (merci à la phonologie),  je l'aide un peu plus pour les syllabes suivantes, car bien sûr, les mots choisis sont longs (mais elle n'en démord pas, c'est ce mot là qu'elle veut écrire et pas d'autres plus simples!!!) Avec la dictée muette des mots bien plus courts seront abordés...

En tout cas, pour elle, il ne s'agissait véritablement pas d'un exploit. Cela lui paraissait normal! C'est ce qui est décidément extra avec cette pédagogie : cet enchaînement qui évite aux difficultés de s'accumuler. Et voilà, quoi, pour ma fille, écrire à 4 ans était tout à fait normal. Pour moi, c'était comme assister à un petit miracle (oui, décidément, je n'aurais pas pu laisser de tels moments se passer seulement à l'école.) Pour ne pas la déstabiliser je me suis retenue. Juste un sourire!

Alors je me défoule ici. Voilà mon explosion de joie!!!




jeudi 19 décembre 2013

Pour une éducation à la beauté et à la magie de la vie - Pierre Rabhi



Par Pierre Rabhi sur son blog. Merci de faire tourner :)

Peut-on changer de société sans changer d'éducation ? Jamais cette question ne s'est posée d'une façon aussi cruciale et décisive qu'aujourd'hui. Cruciale parce qu'elle est sous-tendue par la souffrance de nombreux jeunes en désarroi face à un avenir sans visage. Décisive parce qu'une réponse erronée dans la complexité et les mutations rapides de notre époque aurait des conséquences quasi irrattrapables.

Il semble que dans l'espace du "décisionnel" rien de vraiment nouveau n'apparaît hormis quelques aménagements inspirés par les attentes de quelques personnes militant pour le changement. Ces personnes se trouvent d'ailleurs en partie parmi celles à qui la nation confie ses enfants, c'est à dire certains enseignants. On se demande alors si ce magistère que représente l'éducation peut être résolu par des ministères dont le rôle se limite à la transmission des fondements de l'idéologie dominante qui semble avoir besoin de citoyens-soldats de l'économie sur fond de PNB et de la consommation plus que d'individus accomplis. Accompli signifie selon nous déployé selon toutes ses dimensions. Avant que d'être un citoyen, l'enfant humain n'est-il pas un complexe de virtualités qui nécessitent d'être éveillées et élevées ? Ce magistère qu'est l'éducation ne peut être le domaine réservé de l'Education Nationale, chargé de la diffusion du savoir : la cellule familiale est théoriquement la pourvoyeuse des valeurs fondamentales mais est-elle encore en mesure d'assumer ce rôle ?

La problématique de l'éducation a depuis longtemps hantée de nombreuses consciences. Des réponses ont été tentées dans et hors institution avec plus ou moins d'ambiguïté. Car derrière toutes les éducations prédomine consciemment ou inconsciemment une intention souvent qualifiée de bonne, même quand elle n'est qu'endoctrinement, conditionnement et reproduction d'un immuable schéma que les diverses cultures se transmettent avec quelques modifications imposées par les conjonctures. Nous sommes de ceux qui pensent que le changement de société ne peut être sans changement d'éducation, mais une éducation fondée sur la libération de l'être et l'instauration de l'enthousiasme de grandir et de connaître et non la peur de l'échec.

Les enfants sont le don extraordinaire que se fait toute société pour se perpétuer et construire l'avenir.? Il ne peut y avoir par conséquent de changement de société sans changement d'éducation. L'enfant est mystérieusement l'être qui se conçoit avec une facilité déconcertante. On peut même dire qu'il n'est rien de plus banal que de faire un enfant. Il peut résulter d'un authentique élan amoureux comme d'une rencontre hâtive ou fortuite. Il peut se concevoir dans la griserie momentanée d'un couple éméché, d'une routine hygiénique, ou du viol le plus épouvantable... Il n'est besoin pour procréer d'aucune compétence : l'intégrité physiologique et l'instinct de plaisir suffisent. Cette condition a quelque chose d'effrayant par rapport à l'enjeu qu'elle détermine, qui n'est rien moins que la mise en route d'une destinée, une aventure faite de joie, de douleur, un parcours aléatoire aux probabilités multiples et si peu prévisibles. Tandis qu'un cheminement s'accomplit dans l'opulence, l'autre se fait dans la misère, même si parfois les uns souffrent dans la richesse et que les autres éclatent de bonheur dans la frugalité. Il n'est rien de plus extraordinaire que ces "coups de dés" régissant l'histoire de l'homme. Rien n'est jamais acquis au sein des probabilités, et rien n'obéit à des règles absolues, dans cette sorte de contingence, peut-on faire la distinction entre ce qui découle de la nature et ce qui dépend de nos choix ?

A présent, il suffit d'ouvrir les manuels scolaires d'histoire pour s'apercevoir que les batailles, les appropriations de territoires, les invasions, les massacres, constituent l'élément "dynamique" de l'évolution. Châteaux forts, muraille de chine et inventions offensives ou défensives donnent la mesure de l'angoisse de notre espèce, en même temps que les monuments religieux expriment d'autres aspirations divines censées constituer les antidotes, et tout aussi responsables d'horreurs infinies.

Avant la Jérusalem-célete, ville des conflits, de monuments et de discordes entre les religions du même livre, cette lecture du destin suscite tout de même une interrogation : honnêtement, à quoi cela rime-t-il ? Nous voici à l'entrée du 3ème millénaire avec le sentiment de n'avoir pas beaucoup évolué. Bien au contraire, au plan mondial, une personne du Nord consomme autant que quatre personnes du Sud. Jamais l'humanité n'a vécu une telle crise de l'équité que la morale religieuse était chargée de promouvoir. Les inégalités mondiales, les famines, le suréquipement de guerre, la dégradation du support biologique sont autant de signes de nos échecs et nos régressions. Il semblerait même que nous arrivions à l'ultime question : l'humanité a-t-elle un avenir ?

La modernité qui n'a cessé de s'autosuggestionner en s'attribuant la lumière, la raison, est tout aussi impuissante. Et pourtant, parallèlement à une gabegie démesurée, combien d'acquisitions de cette même modernité pourraient nous aider à sortir de l'impasse ? Cependant rien, à notre avis, ne changera si les fondements de l'éducation ne changent pas. Entre les manuels scolaires d'histoire faisant implicitement l'apologie de la force à travers le catalogue de violence des champs de bataille, et un monde où l'avidité, les ambitions individuelles sont de règle, l'enfant entre en angoisse. On quitte le liquide amniotique pour plonger dans un monde "champ de bataille" où il faut se battre, gagner, être premier, dominateur, victorieux Il suffit d'observer ses propres enfants pour se rendre compte qu'ils évoluent bien plus sous la terreur de l'échec que l'enthousiasme d'apprendre, et c'est là une défaillance que les phraséologues ou phraséocrates politico-pédago-psycho-techniciens, s'ils ne sortent du carcan de la société du productivisme efficace, ne corrigeront jamais. Ce qui manque le plus cruellement à notre temps sont les coeurs libres de leurs pulsations liées à une raison intuitive. Nous sommes tous piégés, car la plupart de ceux qui détiennent les leviers sont eux-mêmes "produits" du système qu'ils sont censés infléchir.

Du cursus scolaire à l'entrée en fonction, ils évoluent dans le canal hermétique de leur conditionnement et s'imaginent que leur construction théorique et l'élégance de leurs propos sont valeur de changement. Une vie faite de concepts, une inaptitude à confronter les lois du réel, laisse la place à la griserie des abstractions... Car, au fond, le changement ne peut être que radical. Il faut réussir avant tout des personnes et non s'acharner à réussir des fonctions. Toute personne réussie est un atout extraordinaire pour la société toute entière. Cette personne saura d'instinct répondre à sa vocation et acquérir le savoir ou le savoir-faire pour l'exercer. L'éducation dont s'est dotée la modernité pour se perpétuer est anxiogène. Le taux de suicide d'enfants japonais nés pour servir cette modernité, témoigne du caractère implacable d'un destin artificiel où la moindre défaillance signifie exclusion. Entre la pression qu'exerce sur lui l'ambition des parents et l'aiguillon de l'institution soucieuse de résultats statistiques, l'enfant se trouve prisonnier d'un monde tétanisé par la compétition et dont la finalité est de porter cette compétition au plan international pour le plus grand échec de l'humanisme planétaire.

L'agroécologie n'est évidemment pas la panacée, mais elle permet à l'enfant de recevoir les messages essentiels à travers les fondements de la vie. Un simple tas de compost peut faire l'objet d'une méditation active. Réunir les déchets de la matière organique morte, végétale et animale, les engager dans un processus de transformation pour développer des ferments microbiens et libérer des substances nutritives dans un premier temps ; nourrir ensuite cette terre avec l'humus obtenu et constater que cette terre restitue notre effort en nourriture et bien-être est une première leçon de réalisme en même temps que le retour raisonné à la relation nourricière initiale entre l'homme et la nature.

Cette initiation doit à notre avis s’appuyer fortement sur l’analyse scientifique, la compréhension des processus physiques et biologiques. Nos connaissances actuelles permettent cette lecture essentielle, contrairement aux primitifs dont les perceptions se limitent à des constats élémentaires et “mystérieux”. Notre raison peut s’aventurer dans la complexité des phénomènes. C’est d’ailleurs l’une des grandes acquisitions du monde moderne, de l’astrophysique au vertige de l’infiniment petit, certains scientifiques atteignent à l’émerveillement en même temps qu’une certitude. Aussi loin que l’on repousse les frontières de la connaissance, elle baignera toujours dans un océan d’ignorance et de mystère. Par ailleurs, il n’est guère de scientifique lucide qui ne témoigne de l’indispensable alliance pour notre temps, de l’écologie et de l’humanisme. Lorsque cette voie d’investigation atteint ces limites et nous livre au mystère, celui-ci doit-il forcément nous angoisser ? N’avons-nous pas encore la dimension poétique, avec le délire de l’émerveillement face à la beauté infinie qui ne s’adresse plus à la raison mais à l’émotion ? “Que c’est beau !” s’exclamait sans autre commentaire le Ravi provençal. Une éducation sans éveil à la beauté est un handicap et une mutilation graves. Le délire d’émerveillement n’est pas, selon nous, ce délire mystique échafaudant des hypothèses refuges à nos interrogations impossibles. L’éducation à l’agroécologie doit absolument permettre de saisir clairement ce que signifie la légitimité de toute vie. Il faut prendre conscience de l’unité physique et biologique de la planète terre, une et indivisible en même temps que diverse, apprendre à la considérer au-delà de tous les nationalismes qui l’ont si misérablement fragmentée, morcelée, défigurée jusqu’au plus profond de nos consciences.

Un tas de compost, un arbre, un animal, un homme, une femme, un enfant, compris et respecté, une terre pressentie comme matrice active, subtile, mystérieuse et non une masse minérale inerte, peuvent ouvrir à l’enfant de nouveaux espaces de réflexion, à la vitalité qui, au-delà de nos agitations stériles, perpétue une volonté déterminée et tranquille, avec les saisons comme cadence, les floraisons comme jubilation, la fructification comme contre-poison au conditionnement militaire. Comprendre la cohésion et la cohérence de la biosphère doit lui permettre de retrouver sa juste place dans le grand fleuve du réel. Il est des gestes simples qui, mieux que toute théorie ou savoir encyclopédique, peuvent aider l’enfant d’homme à prendre la mesure de sa responsabilité et à assumer son rôle premier d’intendant attentif au message que le monde vivant dont il est membre tente de lui transmettre. Tout cela pourrait tempérer les effets d’un monde de brutalité mécanique, de pensée géométrique et de confusion des plans...
Nous souhaitons donc de toute notre raison et notre coeur une éducation qui ne se fonde pas sur l’angoisse de l’échec, mais l’enthousiasme d’apprendre. Une éducation qui révèle l’enfant à lui-même tout en lui révélant les richesses, l’énergie et la beauté qu’offre le monde à son alliance vitale et non à son avidité insatiable et destructrice. Une éducation qui abolisse le “chacun pour soi” pour exalter la puissance de la solidarité. Une éducation où le pouvoir de chacun soit au service de tous. Car demain ne pourra pas être sans la coalition des forces positives et constructives dont chacun de nous est le dépositaire.

samedi 30 novembre 2013

La maman du petit pois

Vous allez aimer son franc parler : 

La maman du petit pois.

Parce que :

1. Elle m'arrache toujours des larmes. Souvent de rire!!

2. J'aurais envie de retransmettre l'intégralité de son blog tellement sa description du lien parent/enfant sonne juste.

3. J'vous ai déjà dit qu'elle était vachement drôle?

mercredi 27 novembre 2013

Calendrier de l'avent

"Maman pourquoi il n'y a jamais de princesse sur les calendriers de l'avent? Et pas de cheval? Et pas de château!? Moi je voudrais un calendrier avec tout ça et un arc en ciel. Maman tu me le fabrique?"

1. On est d'accord. C'était trop chou pour oser dire non!

2. Moi aussi ça m'indigne. Les calendriers commerciaux sont soient pas jolis, soit chèrs (mentions particulières à Kinder et Playmobil)...

3. Et puis je me suis dit que ce serait sympa,  qu'il me fallait juste adapter la méthode de l'alphabet mobile. Bref que je savais le faire!

Sans plus attendre voici le résultat en espérant que cela vous donne des idées!

Alors je suis ici le même principe pour la fabrication de la base et du couvercle. 


La base se voit ajouter des casiers... ouf 6x4= 24 ya même pas à réfléchir! 

Alors bien entendu c'est la fête des chocolats (d'ailleurs cela a justifié un petit tour au musée du chocolat) mais j'ai aussi ajouté des petits papiers d'activités et de jeux (comme jouer au Dr.) Une idée différente chaque jour pour bien rigoler!

Et comme promis on retrouve un château, une princesse, un cheval, un arc-en-ciel, et puis rajout perso histoire de sentir un peu la magie de Noël: un père Noël (minimun tout de même) et un sapin!

Bon, jvous parle pas de celui de son frère qui est fan de Cars...




dimanche 24 novembre 2013

Place à la créativité les amis

Je ne sais plus exactement où j'ai lu que la nature, au fil des saisons, respirait... En automne elle termine d'expirer en nous offrant, dans un dernier cadeau, une immense récolte. Puis, elle commence à inspirer, en intériorisant à nouveau ses forces. Jusqu'au retour du printemps...
L'Homme serait soumis au même processus! Ce qui provoquerai chez lui une sorte d'exultation de créativité...



Si je vous dis cela, c'est parce que c'est exactement ce qui s'est passé chez nous ces dernières semaines! Pas  beaucoup de temps du coup, pour venir alimenter ces pages, oops :) Mais chez nous, cela a été un vrai défilé de cuisine, tricot, couture, cartonnage, reliure (aaah mon carnet style journal créatif), et forcément parce que c'est mon dada, la peinture!!!!! Et puis, de saison!, tant qu'à faire (et pas mal de premières d'ailleurs, comme la tarte à la citrouille !!!) Une bien jolie façon de combler nos journées (parce que la classe à la maison c'est bien, mais on va pas faire que ça hein!)



Voici donc quelques petites photos :


Parce que nous avons fêté dignement Halloween :

Table des saisons

Toile d'araignée : peinture sur vitre

Citrouille : pochoir + peinture sur vitre par les enfants :)

Guirlande de citrouilles : peinture, feutre, crayon,  ... par les enfants

Tient, et si je tentais la peinture sur vitre sur la porte?

Les citrouilles ont prit vie le temps d'une nuit...


Parce qu'un joli déguisement s'imposait (merci mamie pour ton immense aide, c'était cool de faire ça en famille) :

Pose de princesse, forcément...
"Oh et en plus, elle danse maman!" Et ouaip!!!
Parce que j'ai ENFIN terminé l'alphabet mobile (grâce à CE tuto super Journal Montessori) hihi mais ça je vous l'ai déjà dit :)


Parce que je trouve les poupées Waldorf sooooo cute :) et que je me suis dit "pourquoi pas moi?"

Ma jolie bleue (tuto de Bulle de gum)

Parce que ma fille m'a demandé de lui fabriquer un calendrier personnalisé!

Et puis, parce qu'il me restait du carton gris...
Et pour toutes ces choses que je n'ai pas pu photographier, comme mon petit nain tricoter, nos lanternes pour le 11 novembre (tuto du livre L'enfant et la ronde des saisons où je trouve tous les jours mon bonheur). Pour la réalisation du carnet, je peux vous proposer un tuto trop drôle : Fabriqué à mains nues. Même si vous n'avez pas du tout l'intention de créer, faites un tour sur ce blog :) il me provoque des fous rire à chaque fois!!!!!

 Bref, z'imaginez bien que ça va carburer pour Noël !!!!!! 

Et puis si vous avez envie de vous y mettre, mais que rien ici ne vous a plus, je vous propose cette mine d'or : l'éducation créative.

Bonne occupation!

samedi 19 octobre 2013

TADA!!!!!! l'alphabet mobile est chez nous!

Je ne suis pas peu fière de vous montrer aujourd'hui cette photo... car oui, j'ai ENFIN terminé l'alphabet mobile! 



Voilà... je suis tellement soulagée d'avoir terminé ce travail! J'attends avec impatience la présentation... plus que quelques lettres rugueuses et on y sera! Il était donc temps de finir.




Pour celles et ceux qui serait intéressés par la fabrication, sachez que l'alphabet utilisé est celui du jardin de maria. J'y ai tout de même ajouté des petites pattes notamment pour le a (travail fait sous photoshop. ) l'alphabet est le même que celui des lettres rugueuses.
Petite note : veillez à inverser les couleurs si vos consonnes sont sur des plaques roses pour les lettres rugueuses, elles seront bleues pour l'alphabet mobile par exemple
Il s'agit de différencier voyelles/consonnes pas d'habituer l'enfant à ce que les consonnes soient roses...

En ce qui concerne la fabrication de la boîte, j'ai utilisé le pas à pas de ce blog :

http://journalmontessori.blogspot.fr/2008/10/les-boites-de-lalphabet-mobile.html?m=1

Les instructions sont claires, les photos aident beaucoup et puis vue que la technique utilisée est celle de Catherine, j'ai fait confiance, ses boîtes sont tellement belles...

Allez, courage si vous démarrez ce projet! Ca vaut le coup!

vendredi 4 octobre 2013

Notre première table des saisons

Je vous avais prévenus! ! Les manele explore désormais d'autres pédagogies, toujours alternatives, toujours brillantes de vérités sur la nature de l'enfant. 
En ce moment, je plonge dans la pédagogie Steiner-Waldorf et ses activités.

Et en voici une que j'aime beaucoup : la table des saisons qui consiste à amener dans notre intérieur, la nature et ses changements. L'enfant est très attaché à la nature. Il la vit totalement. Il n'y a qu'à voir la façon dont il s'émerveille devant les petites bêtes, les empreintes d'animaux, les feuilles, les fleurs... je pourrais continuer des heures, rien que sur leur collection de cailloux!

Autre avantage pour l'enfant : s'inscrire dans le rythme annuel de succession des saisons. Car le rythme est un des points forts de cette pédagogie! Journalier, hebdomadaire, mensuel, l'enfant acquiert des repères qui lui permet de se sentir bien dans son environnement. 

Vive l'automne et ses récoltes, ses derniers tournesols...


... alors voici notre décoration post-st michel qui durera jusqu'à halloween! Notre toute première table des saisons!!! Du tissus rouge pour l'ambiance d'automne, des éléments naturels trouvés dans le jardin et en promenade... c'est tout!? Et oui, c'est aussi simple que cela! On peut aussi ajouter des images d'art et en fin d'automne des nains tricotés (oui oui je me suis mise au tricot, chose qui paraîtra vraiment exceptionnelle pour mes proches) en attendant les citrouilles dans 2 semaines...

Ah oui, cette table me permet aussi de faire place neuve sur ma commode qui était toujours inondée d'objets et de projets (seule l'ardoise Montessori y restera avec un nouveau mot chaque semaine le temps de fabriquer mon étagère de langage). Que du bon quoi!

mardi 24 septembre 2013

18 lieux où s’endorment les enfants à travers le monde

Une chambre d'enfant représente forcément sa personnalité dans les pays développés. Mais ce n'est pas forcément le cas pour les jeunes des pays défavorisés. Découvrez maintenant 18 photographies qui font réfléchir sur les différences et la chance que les enfants ont chez nous...

Where Children Sleep est une série de photographies présentant des enfants accompagnés d'un cliché de l'endroit où ils passent leurs nuits. Elle a été réalisée par James Mollison qui a voyagé autour du globe pour partager ces images, des Etats-Unis au Mexique, en passant par le Brésil, l'Angleterre, l'Italie, Israël et la Cisjordanie, le Kenya, le Sénégal, le Lesotho, le Népal, la Chine et l'Inde. 

Les différences de logement entre chaque enfant sont frappantes. Comme Kaya à Tokyo, dont la mère peut dépenser jusqu'à 1000 dollars (764 euros) par mois pour les robes de sa fille, Bilal le petit berger bédouin qui dort en pleine air avec le troupeau de chèvres de son père ou encore la jeune fille népalaise Indira, qui travaille dans une carrière de granite depuis qu'elle a trois ans. 

James explique son oeuvre photographique par cette phrase "I hope the book gives a glimpse into the lives some children are living in very diverse situations around the world; a chance to reflect on the inequality that exists, and realise just how lucky most of us in the developed world are". Le photographe souhaite montrer la différence qu'il existe entre les enfants du monde entier, nous donner une occasion de réfléchir sur l'inégalité qui existe et la chance que l'on peut avoir dans les pays développés. 

Netu, 11, Kathmandu, Nepal

dimanche 22 septembre 2013

Peinture sur fenêtre

La peinture avec les jeunes enfants permet d'ouvrir de nombreuses portes créatives... Il suffit d'avoir quelques idées pour dépasser l'exercice traditionnel! En remplaçant par exemple la feuille blanche par les fenêtres de la maison!!

Vite, vite... nous profitons des derniers rayons de soleil pour mettre en pratique la peinture sur fenêtre. Les enfants s'arment de très gros pinceaux et de papier journal pour les gouttes. Maman ne peut résister et joue avec des fleurs et des soleils :)

La recette est incroyablement simple : il suffit d'un peu de gouache (nous nous limitons encore aux couleurs primaires de notre côté) que l'on mélange avec du liquide vaisselle dans des pots transparents (pot de bébé, confiture). La texture à obtenir ne doit pas être trop liquide, un peu mousseuse... Et ainsi, pas de soucis pour le lavage (de l'eau, une micro-fibre et tout disparaît.)



jeudi 12 septembre 2013

L'évaluation II L'école

A l'occasion de ma lecture du livre de Lana del Rey, j'avais déjà soulevé quelques problèmes liés à l'évaluation (ici). J'ai maintenant envie de m'intéresser à l'évaluation à l'école en m'appuyant sur les écrits de John Holt.

Une objectivité impossible à atteindre?

La première question que l'on se pose est de savoir si l'évaluation réussit bien à retranscrire ce qui est effectivement su par l'élève... Bref, est-elle tout à fait objective? Comment ne peut-elle pas être influencée par les desiderata du testeur?

http://pasidupes.blogspot.fr

Les exigences de l'école vis à vis de l'élève sont de plus en plus nombreuses comme en attestent les points du programme et des bulletins comme savoir tenir ses crayons. Ils touchent en plus à son savoir être (savoir parler correctement et clairement : ce qui en plus peut-être discriminatoire des classes les plus pauvres ou des étrangers) et sont de plus en plus vague  (être content en arrivant à l'école)... Comment en effet évaluer si l'enfant est content? Par quel outils le déterminé? Et si, le professeur y arrive finalement, l'élève, habitué au système scolaire, ne feigne-t-il pas? L'évaluation de toutes ces exigences, il faut être réaliste, va dépendre principalement de la sympathie ou de l'antipathie du professeur envers son élève.

Autre point de questionnement : l'entraînement intensif des enfants en vue de certaines évaluations. Les élèves, par d'innombrables exercices (toujours les mêmes) sont transformer en machines automatiques à résoudre des additions ou des divisions, par exemple. Lorsque ce n'est pas les professeurs eux-mêmes qui donnent les réponses aux évaluations nationales... (car ces évaluations ne font pas que visualiser où en est la France dans le socle de compétences minimum, mais test aussi la réussite des écoles.) Lorsque les évaluations sont terminées, qu'en reste-t-il? Les élèves, le plus souvent retombe dans une certaine confusion. L'outil lui-même est trompeur car ni les parents, ni le système ne connaît vraiment la situation des acquis des enfants.

Avons-nous seulement l'indication par l'école, que l'évaluation, face à sa toute puissance, peut se tromper?

Les dommages inhérents.

Pourquoi mettre alors en place ces évaluations si peu objectives? Certains suggérerons que cela fait partie du processus d'apprentissage : l'enfant sait où il en est, s'il a acquis la notion enseignée. Mais est-ce vraiment pour apprendre ou pour classer?

Imaginons un cas simple : celui du super professeur. Il a réussi d'une façon incroyable à enseigner à ses élèves et il est temps de passer à l'évaluation de leurs acquis (et quelque part de ses réussites en tant que professeur, mais bon, apparemment les évaluations ne marchent que pour situer les élèves dans leur travail et pas les professeurs dans le leur. Pour cela, il y a les inspecteurs...) Et voilà : tout le monde a atteint la note maximale! Génial! Et cela se reproduit, 2 fois, 3 fois, ... Que va-t-il se passer? Les professeurs ne peuvent donner des bonnes notes à tout le monde où cela ne voudrait plus rien dire. Les parents et même les élèves pourraient se fâcher car comment être pris en considération par les meilleures écoles si tous nos camarades ont 20? Sans parler de la direction de l'école... elle demanderait très rapidement au professeur de revoir son système de notation, de revoir la difficulté de son épreuve à la hausse, d'augmenter ses exigences ou d'enseigner encore plus ou plus vite, histoire de larguer quelques élèves en route...

Et oui... L'école, ce n'est pas : tenons-nous la main nous sommes tous gagnants, nous arriverons tous avec les mêmes savoirs et compétences au final (alors que c'est ce que promet l'école). Il faut bien se rendre compte qu'il s'agit un système compétitif. On demande à une école de qualité un enseignement de qualité pour son enfant. Traduction : faites que mon enfant surpasse tous les autres! Personne ne voudrait réellement que TOUS gagnent, car les tickets d'entrée, dans les bonnes écoles ou dans les bons emplois, perdraient inévitablement de leurs valeurs...

L'école prône l'enseignement de la coopération, qui est vraiment une belle valeur. Mais comment s'y prendre alors? Il semblerait bien que dans le système scolaire, la vie soit une lutte pour gagner en faisant en sorte que tous les autres perdent. Et plus on évolue dans ce système, plus on s'y adapte... Dans les études secondaires, on assiste aux pires dérives comme les vols de cours (préparation du concours de médecine par exemple... sans cours l'élève ne peut réussir, et il est fréquent de se les faire voler lorsqu'on a le dos tourné ou un besoin pressant) ou la rédaction de 2 devoirs (un bon pour le professeur, un bourré de fautes pour montrer aux copains et leur demander de l'aide).

Et puis comment apprendre avec des évaluations? Elles sont génératrices d'anxiété et de crainte. Or la biologie l'affirme clairement : la crainte engendre psychologiquement une protection de soi, presque animale, tout comme le danger ou encore la honte. Même les enfants les plus brillants vont reculer devant une nouvelle expérience par peur de mal faire. La crainte bloque les apprentissages.

Au final, je reprends ici les conclusions de l'article plus général sur les évaluations, on devient, on est, ce qu'on est évalué (comme il a été démontré que l'on s'incline à devenir l'étiquette que l'on nous a collé). Un échec à un test peut avoir la conséquence abominable de faire penser à l'enfant qu'il est un raté. 
Et zou! C'en est fini de l'estime de de soi.

Des solutions?

On voit que l'idéal serait de supprimer ces évaluations... mais est-ce vraiment possible dans notre société? Surement pas!!! Et puis, comment être sûr de la compétence des individus aux emplois dangereux ou à forte responsabilité (comme un conducteur de bus scolaire)?

Quelques petites pistes :
- on pourrait supprimer les diplômes. Car combien de jeunes diplômés pour aucun emploi? Le diplôme a déjà perdu un peu de son sens, surtout que pour un emploi, il est préférable de prendre un individu surdiplômé (alors que les études faites étaient sensées amener à cet emploi, bref...) Pourquoi ne pas inventer une reconnaissance par ses pairs (comme les concours des ouvriers de France), sur nos compétences ou encore sur le bouche à oreille et la satisfaction des clients (lol, un peu comme Amazon, on pourrait accéder aux avis des autres)?
- oui, supprimer les diplômes, ce n'est pas demain la veille! Alors pourquoi ne pas imaginer des diplômes accessibles à tous? C'est à dire, que chacun serait libre de les passer sans restriction et surtout sans passer par les écoles... tous candidats libres!
- ou encore, penser aux équivalences de diplômes, c'est un peu le cas pour la validation des acquis des compétences, déjà en place. Mais ici, il s'agirait des savoirs autant que des savoir-faire et concernerait surtout les autodidactes. Ainsi, plus de soucis d'écoles trop chères ou de cursus dont il faut suivre toutes les étapes (soit donc des années d'étude, avec un appartement proche de l'université/l'IUT/... et son coût, et tout), trop lent et au final chère également!

Qu'en pensez-vous? L'évaluation est-elle si bien qu'on veut nous le faire croire? Avez-vous d'autres idées pour changer cela?


jeudi 5 septembre 2013

Retour à la normal... enfin presque!

Et zou c'est reparti! Enfin... c'était reparti jusqu'à aujourd'hui... et oui, on se repose déjà pour cause de maladie! Merci le rhume de rentrée!

Mais la question que je me pose tout particulièrement, c'est : où sont donc passé les onglets? Ceux qui vous permettent de naviguer sur ce blog pour trouver ce que vous cherchez... Voilà! On s'absente quelques semaines et tout part à volo :)
Pour rattraper la chose (que je n'arrive pas à refaire apparaître...) j'ai ressorti les articles correspondants.

Reparlons de la rentrée... Quel est le programme?
Et bien c'est un très gros programme (pour moi) car je me lance à nouveau dans des recherches pédagogiques... une bien belle nouvelle pour moi, car ça y est, je me suis ENFIN frottée aux limites de la pédagogie Montessori. Bien sûr je connaissais ce qu'il se disait, notamment sur l'imaginaire, la peinture, être si strict... Et après des vacances avec apprentissages informels, cela n'a pas raté! Je vais reprendre une affirmation que j'avais lu sur un blog (décidément je ne note jamais mes sources) : la pédagogie Montessori manque un peu de sensualité. Voilà ce que j'ai ressenti pendant ces vacances.

Faut-il pour autant tout rejeter en bloc? 
Quelle chance cette vie à la maison : elle s'adapte au grès du temps, se transforme... Et laisse la place aux autres pédagogies. Alors voilà le programme : Montessori (of course) mais aussi un soupçon de Freinet, une bonne dose de Mason et un zeste de Steiner, (pour Reggio Emilia il me manque la place et les sous pour investir dans du beau meuble, et oui, je ne suis pas une commune à moi toute seule!) le tout dans une éducation toujours respectueuse et proche des sentiments.
Cela fait donc beaucoup de changement, moins de rigidité même si le contrat est toujours d'actualité (nous avons baissé à 3 activités par jours.) Pour le moment cela roule, c'est à dire que ma fille était très heureuse! Finir "l'école" plus vite pour ensuite passer à la vraie vie : cuisiner, peindre sur les vitres, créer un parcours de vélo, se promener loupe à la main en pleine forêt, observer si un pégase volait vers nous aux jumelles, créer notre pâte à modeler pour en faire des barbapapa... et nous ne sommes que jeudi!
Et au bilan, aucune "dispute" (plus des soupirs, de "râlages" et de plaintes alors que je trouvais les enfants hyper chanceux d'avoir la classe à la maison : bref mur d'incompréhension entre nous. A ce sujet, merci à la CNV qui m'a beaucoup aidé à gérer ces moments.) Car, oui, la chose était fréquente avant au sujet de la classe... surtout sur les activités suggérées et sur la durée. Bref, je finissais par avoir peur de dégoutter les enfants, le but étant tout de même d'apprendre dans la joie et le bonheur.

Depuis la rentrée, c'est la classe avec le sourire!
Les présentations sont toujours faites dans les règles de l'art! Et ma fille qui souhaite beaucoup de ma présence alors que les activités doivent être autonomes? Eh bien, zou, tant pis, je resterai à côté et au pire je jouerai avec elle et les activités (madame la marchande, j'aurai besoin d'une barre de 7...)

Très libérateur d'avoir fait exploser ce carcan... il reste la joie d'apprendre en utilisant l'esprit absorbant sans que mes enfants ne se bloquent!

A voir dans le temps...

Et les ateliers dans tout ça?
Par contre, les ateliers s'arrêtent! Moins de stress pour moi (familles qui viennent ou annulent au dernier moment, fabrication du matériel qui ne va pas assez vite pour l’accueil des plus grands...) J'arrête de vouloir en faire toujours plus. J'arrête de courir 2 lapins à la fois : je profite de mes 2 loustiques! Les ateliers se transformeront peut-être un jour en école, plus tard, quand ils seront grands... 

Bref. L'année scolaire 2013/2014 démarre à la COOL... Profitons!

Activités de calcul

Je vous ai déjà parler du magnifique matériel de mathématiques de la pédagogie Montessori (ici)... Un vrai bonheur! Je vous propose un ordre d'idée de présentation des ces activités... A adapter selon chacun!

Ah, la bonne vieille marelle!
La découpe par niveau m'est personnel et ne correspond pas à une découpe qu'aurait réalisée Maria Montessori. Cela vous permettra surtout de connaître les investissements financiers à réaliser en groupant vos achats par périodes (ou en prenant le temps de les confectionner)...

Préambule
- les barres bleues de vie sensorielle
- l'apprentissage d'une comptine "1 à 10" comme "1, 2, 3, nous allons au bois..." :)

Niveau 1
- les barres rouges et bleues
- les chiffres rugueux
- association des barres et des chiffres

Niveau 2
- idées d'addition et de soustraction
- les fuseaux
- les jetons
- le serpent positif

... à compléter (les enfants se réveillent, je dois accourir!)

Activités de langage

L'enfant connaît une période de sensibilité vis à vis du langage. Langage maternel ou étranger, langage oral ou écrit, il est fasciné par ce monde durant ses premières années de vie. Petit à petit, l'enfant va augmenter son vocabulaire de façon spectaculaire. Dans sa première classe, Maria Montessori a découvert que l'enfant commençait naturellement par écrire puis par lire. Voici une liste d'activité permettant de l'aider dans cette voie.
Dictée muette. Blog : école et cabrioles à découvrir!
Je vous suggère de commencer par les sons (d'ailleurs le son des lettres est plus important que leur nom et c'est bien par les sons que l'enfant commence à apprendre à parler sa langue!) J'ai découpé également les activités en niveaux. Cette fois-ci, il y a réellement un temps de pause entre les différents niveaux, le temps que l'enfant ait certains déclics!

Préambule

Avant de commencer, je vous propose de lire le B.A.BA de la présentation ici.
Les activités de vie pratique là et tout le sensoriel ici.


Niveau 1
- Vocabulaire (3 ans - 4 ans) : tout le vocabulaire de la vie sensorielle.
- Phonologie (3 ans 1/2) : le jeu "je devine" 1er niveau.
- Calligraphie (3 ans 1/2) : les dessins de formes.
- Mise en paires : les images (sans les étiquettes).
- Les histoires à remettre dans l'ordre.

Niveau 2
Lorsque l'enfant s'est rendu compte tout seul, qu'on retrouve les mêmes sons dans certains mots.
- Les lettres rugueuses.
- Calligraphie : sur tableau noir (dès que 1 lettre rugueuse est acquise parfaitement : mouvement + son.)

Niveau 3
L'apprentissage des lettres rugueuses  peut prendre du temps : 26 tout de même! Lorsque toutes les lettres ont été présentées (j'insiste : présentées et non acquises) on peut continuer...
- L'alphabet mobile
- Les dictées muettes
- Calligraphie sur cahiers
Temps de pause. L'enfant va beaucoup écrire phonétiquement. Il faut le pousser à continuer et ne pas se bloquer sur ses fautes (dites le bien à vos proches qui ne se retiendront pas dans le cas contraire.) Il va apprendre à se relire avant de lire les mots composés par les autres (même s'il les connaît bien.)

Niveau 4
Un jour le déclic est venu : il a déchiffré un mot qu'il n'a pas écrit lui-même! Allé, c'est parti pour la suite et quelle suite! Beaucoup, beaucoup de lecture!
- La lecture du mot : étiquettes
- Mise en paire avec étiquettes
- La boîte des graphèmes

... la suite pour bientôt!

Les activités de vie pratique

Bien que les activités de vie pratique puissent sembler simples et ordinaires,  il faut savoir que ces tâches sont particulièrement attractives pour un jeune enfant. Il s'agit d'apprendre à prendre soin de soi et de son environnement. Les activités lui permettent d'imiter l'adulte, sans que celui-ci n'intervienne à tout bout de champs pour le conseiller ou pointer ses erreurs. L'enfant peut réaliser les tâches autant de fois que nécessaire. Il est libre d'apprendre à devenir autonome dans les tâches quotidiennes : La vie pratique : "Le travail de l’enfant est de créer l’homme qu’il sera" 

Le domaine de la vie pratique recouvre plusieurs niveau d'activité dès 15 mois (à la maison) et jusqu'à 4 ans (note : la découpe en niveau est un choix qui m'est personnel et qui m'aide au quotidien dans les propositions à faire à l'enfant. Bien sûr, il est nécessaire d'avoir acquis certaines activités avant de passer aux suivantes comme dans le cas des "transvaser.")

Préambule
Avant de commencer, je vous propose de lire le B.A.BA de la présentation ici. 

Niveau 1 (dès 2 ans 1/2 en classe)
Soin de soi
transvaser les petites graines
- cadre de fermeture éclair (type jupe)
marcher sur la ligne
- cadre des gros boutons
transvaser des petites graines
- cadre de la fermeture éclair type blouson
transvaser de l'eau
- transvaser à la petite cuillère (dernière activité proposé à ce niveau à cause de l'importance de la concentration nécessaire.)

Soin de l'environnement
- ouvrir/fermer les portes et les tiroirs
- tenir un plateau et se déplacer en marchant
- porter, défaire et enrouler un tapis
- ouvrir/ fermer un robinet d'eau
- porter une chaise
- arroser les plantes
- ouvrir / fermer des boîtes
Ouvrir et fermer des boîtes de différents types (avec ou sans son doudou...)

Quand l'enfant approche la fin de ce niveau (entre 1 mois et 3 mois), il est possible peu à peu d'introduire des activités de vie sensorielle. 

Niveau 2 (environ 3 ans)

Soin de soi

- cadre des petits boutons
- plier les 2 premiers mouchoirs
- se laver les mains
- cadre des boutons pression
- cadre 1er noeud

Soin de son environnement
- balayer
- laver la table
la leçon de silence


Niveau 3 (3ans 1/2)
- plier les 4 mouchoirs
- nettoyer un miroir, l'argenterir
- cirer des chaussures
- porter une table
- verser avec l'entonnoir
- épousseter
- cadre 2e noeud
- cadre oeillets
- cadre crochets


dimanche 18 août 2013

Vidéo de Pierre Rabhi

Histoire de casser le break que je fais sur le blog voici un petit partage. Pour le plaisir, vraiment par pure gourmandise, je vous propose une petite vidéo... 

Voici Pierre Rabhi (ais-je vraiment besoin de vous le présenter?) J'adore cette vidéo car courte et accessible. Il parle également d'un sujet que j'aime beaucoup qui est " Au final, c'est quoi le but ultime ultime de l'éducation dans nos sociétés?" OUI Halte à la préparation aux petits soldats de l'économie...

En attendant de vivre pour de vrai ses idées comme le potager auto-suffisant (les maisons avec plus de 2 ares de terrain deviennent des denrées rares en Alsace) je me projette. Les loulous courant au vent en emmenant les chèvres en forêt :) Un jour peut-être...

En attendant ce jour (euh plutôt en attendant notre retour de vacances) je vous laisse rêver vous aussi. Nous continuons encore de souffler un peu :) On joue avec les apprentissages informels, quel bonheur... Jeux et laisser aller au moins jusqu'en septembre! Nous verrons l'après car j'aime beaucoup cet air de liberté...



lundi 15 juillet 2013

C'est quoi apprendre? II

Nous avons vu que pour apprendre il faut consolider les chemins des signaux électriques de la commande. Dé-zoomons maintenant...

Comment différencier que l'on apprend et ce qu'on fait?
En fait, on apprend tout le temps et partout. Simplement parce que, comme nous l'avons vu, faire c'est apprendre. Ainsi, il est parfois bien étrange de dire que nous apprenons à jouer d'un instrument... Comme si, il nous fallait d'abord apprendre, puis seulement, après 3 années d'entraînement, nous pourrions enfin jouer de la musique. Non!
Je fais du piano et en même temps j'apprends. Me croirez-vous si je vous dis que je n'ai commencé à pratiquer le piano il n'y a qu'un an et que je sais jouer entièrement 4 ou 6 compositions SANS jamais avoir eu de professeur?! Avant de m'intéresser aux apprentissages, je savais qu'il fallait que je joue, même qu'un peu et m'attaquer à des choses qui me plaisent et qu'on ne donne pas forcément aux débutants. Là, je m'attaque à une nocturne de Chopin. Je sais que je n'ai pas le niveau! Mais je vais beaucoup apprendre en chemin...

Les conditions d'apprentissages optimums selon John Holt

Vous allez voir, que John Holt reprend beaucoup d'idées de Maria Montessori, sans même ne jamais la citer. J'aime beaucoup collecter ces nombreuses sources, dont les concepts, au final se recoupent!

Les tâches éventuelles d'un professeur
Selon John Holt  (voir ses livres apprendre sans l'école ou encore les apprentissages autonomes), un professeur peut aider de plusieurs manières:
- en découpant, décomposant la tâche pour que l'élève, avec ses moyens et ses efforts puisse être capable de la réaliser;
- il peut être un modèle, en montrant la manière de faire correcte;
- il peut faire voir à l'élève ce qu'il fait réellement grâce à différents feed-back comme un miroir (surtout pour la danse) ou un enregistrement (pour la musique et le chant). Ce qui est encore mieux, c'est d'avoir le feed-back directement sur le matériel (et pour cela, le matériel de la pédagogie Montessori est extraordinaire).
- il peut indiquer quelle est la différence entre le mouvement fait et le mouvement à faire;
- il peut montrer comment gommer cette différence.

Les problèmes d'apprentissage peuvent donc intervenir à plusieurs niveaux :
Quand le professeur ne sait pas découper (ou lorsqu'il est trop rigide dans ses découpes dans le cas des professeurs de longues dates et de leurs décompositions de longues dates qu'ils ne souhaitent pas remettre en question), ne sait pas s'adapter aux niveaux de son élève, quand il donne un mauvais feed-back, ou donne de mauvais conseils pour gommer les différences entre ce que fait l'élève et ce qui est attendu.
Autant dire que les risques face à un seul individu sont déjà énormes, mais devant une trentaine...


Toujours selon Holt, un environnement coupé du monde, un abri où l'on peut s'autoriser à faire des choses que l'on ne ferait pas chez soi ou en public, est l'idéal. Voici également, quelques autres pistes :
- Pour réussir dans sa mission, le professeur doit être un soutien (prendre du temps pour répondre aux questions tout en ne sa braquant pas ou en ne se lançant pas dans des apprentissages forcés) et un guide (il doit donner des idées, des conseils, ses propres goûts).
- le professeur doit être attentif aux signaux de l'enfant et agir avec beaucoup de tact.
- Après tout, les mots prononcés par le professeur de sont que des mots et la difficulté est d'entrer en relation avec un vécu, avec la propre expérience de l'enfant (si l'enfant ne sais pas que le ciel est bleu, comment aller en avant pour expliquer sa couleur?)
- Pour cela, le professeur peut éventuellement penser aux tests. Ces tests sont individuels et permettraient seulement de voir où l'enfant en est afin d'adapter la réponse du professeur.
- Gagner la confiance de l'enfant. Pour cela il doit respecter ses craintes et les prendre aux sérieux. Dans la même idée, il devrait éviter les évaluations.
- Il faut aussi faire preuve de beaucoup de patience et d'estime de soi pour pouvoir laisser l'enfant faire quelque chose de la réponse donnée. C'est à lui de l'intégrer. L'enseignant doit être capable de s'arrêter dès que l'élève n'a plus envie sans se braquer.
- Il ne faut répondre qu'aux besoins, qu'aux questions... Et le plus dur est finalement, d'attendre l'arrivée de ces questions...

Laisser le contrôle aux élèves
Personne ne peut apprendre à la place de quelqu'un d'autre. Seul celui qui agit, celui qui est maître de son travail, celui qui choisit son but et la tâche à accomplir est dans un processus d'apprentissage.
L'enfant devrait pouvoir choisir :
- quoi apprendre (selon les intérêts propres à chaque individu);
- quand;
- de quelle manière;
- à quel niveau;
- avec quel type d'aide;
- son professeur et être libre d'en changer.

Envisageable pour une prochaine réforme scolaire? Vous en pensez quoi?